Dimanche 4 juin 2006 7 04 06 2006 00:50
Ce texte date un peu (plus d'un an pour être exact ;) ). Mais l'ayant redécouvert, et comme il est, malheureusement, toujours d'actualité... Je le publis ici.


            Consommation, retour sur image

Aujourd’hui, nous assistons à une surprenante diabolisation de la société de consommation. 
La société de consommation ?
Pour moi, c’était juste ce qui définissait cette société (notre société) nous permettant de satisfaire nos besoins (et désirs) matériels assez facilement.

Curieusement, si on écoutait les Médiats, on croirait qu’elle est devenu la mère de tous les vices : elle serait responsable de la passivité, de la paupérisation des convictions, du désintérêt de la culture, et même… de la politique...
(Qu’il est confortable d’accuser une notion abstraite des incompétences des politiciens).

Seulement, j’ai du mal à me convaincre que c’est l’offre qui provoque la demande, que ce sont les objets qui dirigent les mœurs, habitudes et idées des gens.
(Toujours de manière implicite, on entend des raisonnement du type : « les gens ne font plus que consommer, ils ne réfléchissent plus, saloperie de société de consommation »).
J’était loin de m’imaginer que notre façon de consommer nous était dicté par l’aisance de se procurer (ou pas) nos produits de consommation.

Je crois pourtant que l’on peut envisager de plusieurs manières la consommation, que l’on pourrait caricaturer sous forme de deux visages complètement distincts :

Le premier serait l’idée que la consommation est totalement superflue. Que la vie, le bien-être, le bonheur, n’est en aucun cas dépendant de la consommation. Que la satisfaction de ces buts simples (mais important) de la vie, se fait par l’acquisition de connaissances, l’utilisation de la réflexion, ou encore par son développement intérieur (et de son entourage).

Ceci est clairement une utopie, car pour avoir un accès à la connaissance et à la culture (cinéma d’art et d’essais, musées, livres…), il nous faut payer, donc consommer. Ici l’homme est tourné vers une consommation immatérielle, et une consommation matérielle réfléchie, donc assumée.


L’autre visage serait la volonté d’obtenir toujours plus de biens matériels, de les consommer, de les jeter, pour mieux reconsommer derrière… Engendré par une éducation qui ferait en sorte que les seuls plaisirs (recherchés et accessibles) proviendrait de la consommation. La rendant comme une sorte de but de l’existence ; devenant une tendance religieuse, tout le potentiel humain étant dépensé comme offrande à de nouveaux dieux païens. L’homme, sinistre pantin de sa consommation.

Celui-ci, est un cauchemar. L’homme uniquement tourné vers une consommation matérialiste et aveugle.


Aucuns de ces deux visages représentent cette société dans laquelle nous vivons : il serai trop simple de sombrer dans les extrêmes. Mais nous pouvons nous demander dans quelles mesures elle est engluée dans le cauchemar, et comprend des parts de l’utopie.
Notre condition en tant que consommateur ? Un subtil mélange entre ces deux tendances.

La société de consommation n’est donc pas responsable des vices dont elle est accusée : seuls ceux qui font en sorte que la société sombre dans le cauchemar énoncé plus haut (réal TV, émissions télévisées pseudo culturel, utilisation de chanteurs consommable, rabattage médiatique et crétinisatif par la publicité, etc) le sont.

La société de consommation propose uniquement, aux consommateurs le devoir de bien consommer.

Ainsi, cessons de chercher une quelconque responsabilité dans la société dite de consommation pour les problèmes qui découlent d’une surconsommation irréfléchie (Rien dans ce type de société n’oblige les gens à dépenser leur argent dans des conneries, à regarder des émissions pathétiques et à se détourner peu à peu de la culture).

Il serait plus censé de chercher (et de trouver ?) la faute parmi l’éducation ou du conditionnement des mœurs.

Ce qui reviendrai à chercher quels sont les vrais responsables de cette mauvaise consommation. Mais cette enquête, les Médiats et les politiques ne sont pas près de l’enclencher : ils sont pas si bêtes….ils auraient trop à perdre.
Par Dross - Publié dans : Alternatives
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Dimanche 9 avril 2006 7 09 04 2006 16:03

Suite à mon ancien article, à quelques commentaires, et à quelques recherches personnelles, je réécris un article sur ce fameux CPE… 

 

Dans ce premier article j’avais montré les faiblesses des arguments de la gauche réactionnaire qui joue plus sur la peur que sur des arguments véritablement fondés. Certains en ont déduit que j’étais partisan UMP et que j’approuvais à 100% le CPE.

 
Ce qui n’est pas vraiment le cas.
 

Premièrement car je le trouve pas assez ambitieux (là j’ai tout les anti-cpe qui resserrent leurs dents : « que va-t-il bien pouvoir proposer ? » ;) ). Nous parlons du problème du chômage, qui dure depuis des dizaines d’années, c’est un problème politique et économique important, surtout dans le monde d’échange globalisé actuel. Et face à un des plus gros problème de ce début de siècle, notre gouvernement nous sort du chapeau un nouveau contrat d’embauche, qui vient se placer au dessus d’une pile d’autres contrats déjà existant. En s’investissant si peu, on ne peut même pas parler de réforme : c’est du foutage de gueule.

Cela rejoint plus ou moins les dires des socialistes : « ça n’aura aucune influence sur le chômage » (même si, comme tout bon rancunier, ils ont été trop extrême dans cette observation).

 

Faire une loi dans son coin, pour ensuite recourir à des méthodes discutables pour la faire passer, me dégoûte autant que les autres. Après il y a peut être le fait (comme disent certains) que le dialogue en France est impossible (quand on vois certains Français on pourrait se dire que c’est vrai) mais je ne pense pas que c’est de cette manière qu’on va améliorer les choses…

Je suis pour le dialogue, surtout dans un pays où les politiques ne connaissent pas le terrain, et donc sont strictement incompétent à agir efficacement (et ceci est valable autant pour la droite que pour la gauche).

 

Après, concernant la précarité que ce texte est sensé amener me laisse toujours sceptique. En effet, les droits existent pour les travailleurs (je crois même que ça s’appelle acquis sociaux), et ne seront pas effacé par ce contrat. Quand à la période d’essais (qui, je crois, est sur le point d’être réduite à 1 ans) je la trouve un peu longue, mais elle est sensée permettre plus de flexibilité, ou faire en sorte que les employeurs soit moins frileux à l’embauche des jeunes ; tout ce que je demande c’est qu’on essaye, pour voir si c’est effectivement le cas (je suis pas omniscient, et je refuse de croire que vous le soyez).

 

Le risque de voir un CPE qui mène au même problème que les périodes de Stages actuel (utilisation abusive des jeunes en les sous-payant) est préoccupant, bien qu’il y ai quelques objections possible : les entreprises n’ont pas trop d’intérêt à renouveler régulièrement leurs employés.

 

Ils auraient peut être dus mieux travailler cette pseudo réforme sur le chômage, plutôt que de juste faire un contrat comprenant trop d’inconnues pour une population terrorisée par l’avenir.

 

Prendre le problème à la racine aurait d’ailleurs été bien plus utile que de le prendre à la fin. En effet je pence que l’éducation joue un rôle assez important dans cette histoire. Quand je regarde mon lycée, il y a des classes de BEP jusqu'à la prépa scientifique, en passant par les filières scientifiques et technologiques… Et tous n’ont pas grand-chose à craindre de l’avenir : nos BEP sont embauché avant même la fin de leur formation, les techniques irons en DUT ou BTS qui sont aussi des filières qui mènent à quelque chose, etc.

 

Bref, je crois que ceux qui on le plus à craindre de l’avenir sont tout ceux qui vont en fac avec des orientations qui ne mènent à rien, comme fac d’histoire, psycho ou autre (bien que ce ne soit pas les seuls, je pence qu’on peut aisément rajouter des personnes sur cette liste, comme les STAPS). Ce sont d’ailleurs ce genre de facs qui sont le plus en grève, je crois bien, ce qui confirme bien mon propos.

 

Continuer d’orienter des jeunes vers ce genre de formation est une bêtise grotesque, il faut des psychologues, mais pas des milliers ! Ils ne trouveront que difficilement du travail de ce fait… Et ce n’est pas la faute à l’économie ou je ne sais pas quoi.

 
 
 

Après toutes ces observations, pourquoi suis-je tout de même pour une application du CPE ?

 

Car -et je met n’importe quel parti politique au défit- il est impossible de savoir comment un projet de loi va se comporter dans le réel. Je pence notamment aux 35h, c’était génial sur le papier : on réduit le nombre d’heures, du coup les entreprises sont obligé d’embaucher plus de gens pour une même efficacité, et la boucle est bouclée.

Ce n’ais pas besoin de disserter pour montrer que ça a été en un sens un fiasco. La seule différence étant qu’on a obligé les employés à faire le même travail qu’ils faisaient en un nombre d’heure plus important, dans le meilleur des cas.

 

Je suis pour une politique qui sache évoluer, en faisant des erreurs, et en les corrigeant après. Mais en France, on n’a pas encore commencé l’expérimentation que l’on est déjà en guerre civile. C’est vrai qu’avec des socialo-conservateurs ont pouvais s’y attendre.

 

Mais, et c’est un point qui n’a jamais été pointé : les socialistes refusent ce texte de loi, ils ont leurs raisons (qui sont pour certaines d’entre elles fondées), mais que proposent-ils en alternative ? Pour moi, avant de refuser quelque chose, il faut proposer quelque chose d’autre. Et pour le moment, tout ce qu’ils ont proposé c’est « ne rien faire ».

 

Oui, ne rien faire, mais jusqu'à quand ? Pourquoi ? Quelles en seront les conséquences ? Il est clair que c’est en ne rien faisant que l’on ne se trompe pas. Mais personnellement, ce n’est pas vraiment cela que j’attends des politiques.

 
 

Accepter les erreurs, c’est accepter le changement, du moment qu’elles seront corrigées bien entendu. Si ce gouvernement applique le CPE, et qu’il s’avère qu’effectivement les jeunes se font exploiter, il faudra qu’il revienne dessus pour modifier ce qu’il ne va pas. S’il ne le fait pas, alors oui, faisons pressions (de quelques manières que ce soit) pour que le gouvernement prennent ses responsabilités.

 
Mais pas avant. Ca n’a aucuns sens sinon.


PS : Un (des) article(s) d'Amelichan très intéressant sur le CPE.
Par Dross - Publié dans : Politique
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Samedi 1 avril 2006 6 01 04 2006 22:22

Vielle, nouvelle, inexistante, hégémonique, inquiétante, subtile, stupide.

Moral. Immoral. Amoral.
Dictatorial, négligeable, souhaitable, envisageable.
 

Curieux le nombre de mots que m’inspire la notion de morale…

Quand est-elle apparue ? Qui la façonne ? Pourquoi ? Pourquoi pas ?

 
 

La morale m’apparaîtra toujours, je pense, comme un moyen d’embrigadement des esprits. Elle semble toute puissante, juste, inattaquable. Toujours raccordée à cette autre notion qu’est la normalité, elle se dessine comme étant dangereuse : quand un groupe d’homme définit arbitrairement (même dans le cas d’une construction pratiquement inconsciente) des personnes ou des comportements à accepter et à rejeter, on peut s’attendre au pire.

 

Qui donc est caractérisable de normal ? Car avec ce réflexe ancestral du « moi je suis normal, c’est l’autre qui ne l’est pas », il est évident que cela aboutis inévitablement à une notion dirigée par la majorité, la masse. Démocratique ? Probablement. Mais imaginez un monde où cette masse est justement inapte à faire ce choix ? Non que je prenne la globalité de l’humanité comme stupide, mais le risque de manipulation des foules est toujours d’actualité, même en France (cf. Constitution Européenne).

 

Mais en plus je doute de sa véritable capacité à choisir et à utiliser son entendement, surtout quand elle est cloisonnée dans un univers d’image, de désinformation, et d’instabilité.

N’oublions pas non plus « qu’un groupe n’a pas de tête, trop pressé d’être à la tête ».

 
 

C’est probablement pour cela qu’on a obtenu après des siècles d’évolution des morales différentes entre les ethnies. Et surtout que ces morales soient fortement (très fortement même) influencé par la religion.

 

L’expression « morale chrétienne » en est le parfait exemple.

 

Les religions, entités obscurantistes ultimes. Voir qu’elles peuvent être liées à cette sorte de mode d’emploi de la vie que devrait être la morale laisse quelque peut songeur : quelle légitimité a-t-elle finalement ? Les religions sont interprétable de manière infinie (ce qui montre les forts contrastes qu’on peut voir dans l’islam : entre le terroriste fanatisé et le petit paysan qui crains de tuer un animal sans nécessité) ce qui me fait finalement dire que l’idéologie dominante d’une religion ne proviens pas des textes saints mais seulement de leur dirigeants de culte.

Une seule, ou un petit groupe de personne qui dirige une telle autre masse de monde, me fait plus penser à une dictature idéologique qu’autre chose.

C’est comme ça qu’on obtient une progression vertigineuse du Sida en Afrique, suite à la phobie du latex d’un petit groupuscule d’ecclésiastiques. 

 
La morale est dans ce sens extrêmement dangereuse.
 
 

Pourtant, l’homme peut il vivre sans morale ? Probablement pas. Les personnes n’ayant pas été élevées avec un minimum de bases idéologiques finissent souvent par n’avoir aucun repère, ce qui induit une forte instabilité…

 

C’est pourquoi l’idée d’une nouvelle morale, « post-chrétienne » comme le dit si bien Michel Onfray dans son Traité d’athéologie (malheureusement, c’est bien la seule chose qu’il arrive à dire dans ce livre ...), n’est pas sans intérêt.

 

La morale actuelle est plus un frein qu’autre chose, je pense notamment (quitte à passer comme parfaitement immoral) a des avancées scientifiques et sociales qui sont bloquées par elle. Comme l’utérus artificiel, l’église hurle car sa conception de la procréation repose sur l’idée que Dieu a fait l’homme et la femme dans ce but, or premièrement quand on vois que l’on peut faire de la fécondation in vitro, que l’on peut faire vivre des enfants précoce dans des couveuses, je me dit qu’on a déjà artificialisé le début et la fin de la reproduction, artificialiser ce qui relis les deux n’est donc pas si inconcevable. Après il faut évidemment ce méfier d’une telle technique, afin de ne pas tomber dans l’horreur décrite dans Le Meilleurs des monde d’Aldous Huxley. Mais je crois qu’une telle technique permettrait enfin d’accéder à cette égalité homme/femme depuis si longtemps désirée. Ne plus voir la femme comme une photocopieuse géante serrait vraiment enviable.

 

Après, tant qu’à rester dans la procréation, je vais parler d’un autre sujet sensible : le clonage. Alors que là, je pence qu’un clonage de reproduction serait une erreur, ce n’est toujours pas pour des raisons de (soit disante) morale, mais plutôt concernant l’inconnue concernant la réaction de celui qui est créé de cette manière, quel effet cela doit faire de se savoir le double d’un autre ? (Même si cette doublure reste au niveau de l’ADN, et n’aura jamais l’age du sujet reproduit, contrairement aux clichés habituels véhiculé). Quels risques psychiques cela induit-il ? Et à grande échelle, ne risque-t-on pas d’entraver l’évolution ? Trop d’inconnues à faire face pour pouvoir l’expérimenter de manière responsable.

Pour autant le clonage thérapeutique est à mon sens largement nécessaire. Pouvons nous continuer à refuser de sauver des vies à cause d’une idéologie, qui par ailleurs a déjà fait suffisamment de victimes ?

 

Sans parler du fait que beaucoup de jeunes n’arrivent plus à se situer dans une société qui à la fois a démontré la matérialité du monde et l’absence d’un Dieu alors qu’au niveau de l’idéal (dont la morale fait partie) est restée à une vision terriblement réductrice. Car actuellement, et c’est sûrement pourquoi nous assistons actuellement à un regain de volonté religieuse, il n’y a pas d’idéologie qui se soit imposée dans la mémoire populaire comme alternative. Je ne compte plus les blogs qui posent sans cesse ces mêmes questions : « Pourquoi suis-je là ? A quoi je sers ? Pourquoi vivre ? etc. ». Même si j’ai l’impression que c’est devenu une sorte de mode, je pence que c’est en parti lié au fait qu’avant ces questions avaient une réponse : (débile, mais c’est toujours mieux que rien…) Nous somme sur terre car Dieu nous a créé, je sert Dieu dont les voies sont impénétrable, si je décide de mettre fin à mes jours je ne pourrai pas aller au paradis, etc…

Maintenant, il existe un véritable manque idéologique qui nous faudra bien un jour combler.

 
Vers une conception d’une nouvelle morale ?

Oui. Mais à la place de conception, je pence que je préfère le terme de redécouverte. En effet, je pence que la matière qui pourrait définir cette morale post-chrétienne existe déjà, et est déjà entre nos mains. Pour les raisons citées plus haut, il nous faut fuir une morale engendrée par des histoires et des mythes. Pour moi, la solution réside tout simplement dans une morale qui fait la part belle à l’entendement, à la logique, à la science, bref : à la connaissance. Je ne dis pas qu’on doit laisser la science faire ce qu’elle veut (car on tombe dans un autre extrême), mais qu’on doit faire plus confiance à la lucidité humaine qu’aux chimères qu’il s’est inventé.

 

Une morale enfin basée sur la philosophie, la philanthropie, la logique, le savoir et la lucidité. Ne plus faire de choix en fonction de convictions religieuses, politiques, (archaïques) mais seulement (et uniquement) en considérant les effets que cela engendra sur le genre humain.

 

Une telle morale n’apportera pas de réponse pour les questions existentielles citées plus haut, car elles sont sans doutes à jamais insolubles. Mais je pence que prendre nos peurs et ennuis de front (la mort, le temps qui passe, la peur de l’inconnue, du changement ...), sera bien plus profitable qu’en continuant de nous voiler la face.

Par Dross - Publié dans : Alternatives
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Samedi 25 mars 2006 6 25 03 2006 17:35

Cela faisais quelques mois qu’on avait pas parlé de l’éducation, et la fin d’année approchant, nous nous devions bien d’avoir les traditionnelles révoltes d’étudiants ; soucieux de leur avenir, et prêt à tout pour éviter quelques heures de cours.

 

Encore une fois les élèves et les étudiants défilent joyeusement dans les rues et bloquent les lycées, universités. Sous l’impulsion de la CGT, pardon, de l’intérêt porté pour leur avenir, ils chahutent, râlent, crient en ce réflexe jouissif et bestial de regroupement en meute.

 

Bon, c’est cool : les 68ards sont de retour. Un tel hommage fera à coup sûr grand plaisir aux papys réactionnaires qui nous servent de dirigeants (ou d’oppositions, cela dépend du moment).

 
 

Enfin, j’arrête ici mes sarcasmes pour me pencher plus sérieusement sur les aspects que cette n-ième révolte soulève :

 
 

Tout d’abord, prenons ce qui est le plus dénoncé : cette fameuse période d’essais de deux ans. Il est vrai que c’est de loin la facette la plus contraignante, et la plus discutable. Bien que cet aspect sera apparemment revu, il n’en demeure pas moins qu’il est la cause de quelques craintes. La peur d’être renvoyé, et ainsi être en situation précaire pendant plusieurs mois.

 
J’admets que ce risque existe.
 

Mais je ne peut m’empêcher de me dire que l’intérêt pour l’employeur est limité : en effet (et cela, bien entendu, les manifestants se gardent bien de le dire) former quelqu’un, perdre du temps et de l’argent pour intégrer un nouvel élément dans l’entreprise, pour ensuite le renvoyer est complètement stupide : vous croyez vraiment qu’un employeur serai assez con pour n’avoir que les inconvénients -formation du nouvel élément- et pas les avantages -un nouvel élément formé et (enfin) productif- ?

 

Il est évident que cette logique ne fonctionne que si la personne employée est motivée et veut vraiment travailler. En effet, un employeur qui n’arrive à rien avec une personne car elle «  n’en a rien à foutre » préférera perdre le peu d’agent qu’il avait misé sur elle – en la renvoyant – et retenter sa chance avec quelqu’un d’autre.

 

Donc, en toute logique, ce CPE fait peur à tout ceux qui veulent gagner de l’argent en travaillant le moins possible (mentalité peu défendable, vous en conviendrez). Pour moi, les plus motivés et les plus travailleurs n’aurons pas de soucis à se faire.

(Ce qui expliquerai le fait que -chez les étudiants- seuls les Facs sont réellement en grève : car chez nous en prépa, on en parle, mais on préfère comme même assurer notre avenir par le travail personnel…)

 

De plus, croire que les employeurs licencient pour le plaisir de mettre les gens en difficultés est, pour moi, une idée typiquement communiste, tiré d’un cliché grossier.

 
 

Aussi, l’intérêt de ce nouveau contrat est d’obtenir une expérience professionnelle plus facilement : si l’employeur à moins de contraintes pour embaucher il sera plus tenté de le faire, et de donner leur chance à des personnes sans expériences professionnelles (indispensables pour obtenir un travail stable actuellement). Au pire, elles seront remerciées à la fin de la période d’essais (et encore, comme je l’ai dit plus haut, ce n’est pas évident) mais en ressortirons avec cette expérience si importante, c’est loin d’être négligeable…

 

Certains me dirons que les Etudiants ont les Stages pour acquérir cette fameuse expérience, et cela est vrai. Seulement à choisir entre travailler gratuitement (le Stage) et travailler en étant rémunéré (le CPE) mon choix est vite fait.

 

Car le gros problème de ce débat c’est qu’on regarde le CPE (qui contiens sa part d’inconnues et de potentiels problèmes) sans regarder la réalité : si nous avions vraiment un système parfait, ou les jeunes ne se feraient pas exploiter, ne seraient pas au chômage, n’auraient pas de situation précaire ; évidemment que le CPE serait inacceptable.

 

Mais c’est loin d’être le cas : certaines entreprises prennent des stagiaires plutôt que d’employer des jeunes (et les renouvellent à l’infini, dans le genre emplois précaire…), le CDD (déjà en place et abondamment utilisé) n’est pas bien différents du CPE concernant la précarité car il n’engage pas l’employeur à vous garder à la fin de la période convenu, sans oublier les entreprises qui refusent d’engager des personnes sans expériences…

 

Bref, les fameux acquis sociaux, j’aimerais bien qu’on me les montre avant de m’ordonner de défiler dans la rue, pour des idées qui ne sont pas les mienne.

La réalité est loin d’être rose. Et face aux problèmes, il n’y a qu’une solution : changer. Hypocrites sont ceux qui disent que le CPE agis contre les jeunes, car c’est pas loin d’être l’inverse.

 
 

Après, même si on se fout ouvertement de nous en nous faisant croire que le CPE est une régression sociale, je pence tout de même qu’il est difficile de savoir les effets qu’il aura (bon ou mauvais).

 

Mais cette incertitude est applicable à tout texte de lois, de constitution, de règles. Comment savoir s’il n’y aura pas d’abus ?

Aucun, il n’y a strictement aucun moyen de le savoir. Seul l’expérimentation le permet. Car entre la théorie et la pratique il y a tout un monde (surtout dans le domaine du social, de l’économie et de la politique) et c’est pourquoi il faudra bien qu’un jour les Français n’aient plus peur d’avancer. Quitte à se tromper, et a devoir reprendre (par la suite) le texte une fois, deux fois, cinquante fois si nécessaire : c’est véritablement la seule manière d’avancer et d’arriver au système le plus parfait qui puisse être.

 

Vous le comprendrez aisément : je suis fondamentalement pour le changement. Surtout quand ce qu’on a est médiocre, imparfait.

 

Le devenir d’un texte ; personne ne peut le deviner à l’avance.

Et ça, il faudra bien l’admettre un jour.
Changeons.
Par Dross - Publié dans : Politique
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