Vision du monde.

Publié le par Dross

Comment emprisonner toute une société ?

Comment donc brider les idéologies ?

 

Ce genre de questions et de craintes ne sont pas nouvelles. Les auteurs d’anticipations tel Orwell, ou encore Huxley y avaient répondu en leurs temps. Le temps s’est écoulé. Et ces auteurs ne sont plus étudiés dans l’éducation…

 

A l’heure actuelle, nous assistons à la glorification du pessimisme, et il s’avère en réalité que pour brider l’intelligence humaine (et son développement), il suffit de dégoûter les gens de s’investir dans son évolution, où tout bêtement de croire en lui.

Tout en calomniant les quelques engagés qui restent et ne lâchent pas prise.

 

Car pour paraître plausible, il faut être pessimiste ; pour être respectable, il faut être pessimiste. Sinon, pauvre de vous, vous êtes qualifié d’illuminé, d’idéaliste. Le sens même que la majorité des personnes donnent à ce mots illustre bien ce propos : alors que sa définition pourrait être (devrait être ?) « Qui subordonne son action, sa conduite, à un idéal . » on préfère son sens péjoratif « Qui manque de sens du réel; rêveur. ».

Et manquer du sens de la réalité, c’est sous-entendre être voué à l’échec.

 

Vous voulez faire évoluer les choses ? Et alors un barrage de bouclier levé par tous les pessimistes se lève pour vous empêcher tout mouvement. Alors que cette même énergie pourrait être exploitée pour la réalisation (et la probable réussite) de votre projet, on l’utilise pour prouver que tout est chimère, tout changement est vain, toutes initiative est vouée à l’échec.

 

Les hommes, devenu leurs propres geôliers. Nul besoin d’état totalitaire comme dans Brave New World ou encore 1984. Notre société s’est d’elle-même cloisonnée.

 

L’explication de tout cela ?

La solution de facilité tout d’abord, il est plus simple de tout rejeter aveuglément que de réellement s’intéresser aux alternatives et aux moyens d’y parvenir.

 

Je vois aussi dans cette tendance l’apogée de l’amour des gens à avoir raison : en étant pessimiste, vous menez à mal les initiatives, rendant leurs réalisation d’autant plus dure : leurs vouant (le plus souvent) l’échec : vous donnant ainsi raison.

L’inverse est bien entendu infiniment plus risqué : croire en quelque chose n’aura pas forcément comme conséquence sa réussite.

 

Dernière cause : historique cette fois ; la manipulation des faits : je pense surtout à Mai 68 (mais beaucoup d’autres exemples seraient bon à prendre en compte). Ce ne fut (il faut le dire) qu’une révolte (quelle que fut sa violence) mené par une poigné d’intellectuels éclairés qui croyais réellement en quelque chose, mais malheureusement suivit par une masse peu informée, ou juste présente par hasard, histoire de faire autre chose (comme nous avons encore pus voir très récemment lors du projet de loi Fillons : une masse qui est présente, juste histoire de sortir dans la rue - mais à la différence qu’il n’y avait pas d’intellectuel aux commandes alors : justes des jeunes embrigadé politiquement, peu intelligent donc).

 

Le résultat de Mai 68 eu pour effet une débâcle sans nom, à cause du fossé entre meneurs et manifestants, justement. Et de l’acte lui-même il ne resta sur le coup pas grand-chose, si les médiats ne s’en étaient pas mêlés.

Ils ont présenté cette manifestation comme une révolution des plus rondement menés, et ils continuèrent à redorer le blason au fil du temps. Comparant absolument tout à Mai 68. Aucune initiative un peu ambitieuse qui ne soit pas comparée aux 68arts.

 

Mais au vu des effets de Mai 68 (nuls, voir désastreux). Il s’est implanté dans l’esprit des gens que rien de pourrais dorénavant évoluer : vu que la (fausse) référence en la matière échoua.

 

Par la suite, on nous fit croire à des vrai-fausses évolutions (toujours véhiculé par les inaptes Médiats) : toutes ces réformes qui n’en étaient pas réellement ; et qui du coup n’aboutissaient jamais (ou pas suffisamment, dans le meilleurs des cas).

Renforçant l’idée que tout changement est illusoire.

 

 

 

Aujourd’hui il est pratiquement impossible d’envisager de nouvelles propositions, des alternatives, des changements. Même construite sur de bonnes basses (et qui serait voué à la réussite si elles étaient suivies) le monde n’en veut plus.

 

Pour autant, je ne fais pas l’apologie de l’optimisme, être confiant en tout n’amène à rien, bien entendu.

Mais (et apparemment peu l’on compris) ne pas être optimiste ne signifie pas forcément être pessimiste : une troisième option existe : être lucide…

 

 

Une fois que les gens seront conscients de leur pouvoir de faire évoluer les choses, tout ira mieux. Et même la démocratie se remettra à vivre.

D’ici là. Tout un monde a le temps de mourir.

Ne restons pas inactif.

Publié dans Alternatives

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Romain 04/11/2005 10:54

Il cause bien, ce Mr Nietzsche.

et à vos souhaits !

le maraudeur 01/11/2005 16:43

Les convictions sont des ennemies de la vérité plus dangereuses que les mensonges.

Nietzsche

Sarah 24/10/2005 02:01

Et tout un monde a le temps de naître, ça serait chouette pour les petits...qui suivent.
L'aliénation fait rage...lucidité me semble un bon compromis

Romain 22/10/2005 21:14

Les



ne simplifient pas la lecture ...

Wells 22/10/2005 17:46

Bravo ! Du grand Dross ! Tu mêle idéalement une critique du blazage, des reproches précises, et une direction d'evolution concrète ; Félicitations.
Mais le plus important, c'est que tu choisit bien tes sujets, je suis moi même un adepte du défaitisme, merci de me remettre en cause.