La morale (fourrée religion)

Publié le par Dross

Vielle, nouvelle, inexistante, hégémonique, inquiétante, subtile, stupide.

Moral. Immoral. Amoral.
Dictatorial, négligeable, souhaitable, envisageable.
 

Curieux le nombre de mots que m’inspire la notion de morale…

Quand est-elle apparue ? Qui la façonne ? Pourquoi ? Pourquoi pas ?

 
 

La morale m’apparaîtra toujours, je pense, comme un moyen d’embrigadement des esprits. Elle semble toute puissante, juste, inattaquable. Toujours raccordée à cette autre notion qu’est la normalité, elle se dessine comme étant dangereuse : quand un groupe d’homme définit arbitrairement (même dans le cas d’une construction pratiquement inconsciente) des personnes ou des comportements à accepter et à rejeter, on peut s’attendre au pire.

 

Qui donc est caractérisable de normal ? Car avec ce réflexe ancestral du « moi je suis normal, c’est l’autre qui ne l’est pas », il est évident que cela aboutis inévitablement à une notion dirigée par la majorité, la masse. Démocratique ? Probablement. Mais imaginez un monde où cette masse est justement inapte à faire ce choix ? Non que je prenne la globalité de l’humanité comme stupide, mais le risque de manipulation des foules est toujours d’actualité, même en France (cf. Constitution Européenne).

 

Mais en plus je doute de sa véritable capacité à choisir et à utiliser son entendement, surtout quand elle est cloisonnée dans un univers d’image, de désinformation, et d’instabilité.

N’oublions pas non plus « qu’un groupe n’a pas de tête, trop pressé d’être à la tête ».

 
 

C’est probablement pour cela qu’on a obtenu après des siècles d’évolution des morales différentes entre les ethnies. Et surtout que ces morales soient fortement (très fortement même) influencé par la religion.

 

L’expression « morale chrétienne » en est le parfait exemple.

 

Les religions, entités obscurantistes ultimes. Voir qu’elles peuvent être liées à cette sorte de mode d’emploi de la vie que devrait être la morale laisse quelque peut songeur : quelle légitimité a-t-elle finalement ? Les religions sont interprétable de manière infinie (ce qui montre les forts contrastes qu’on peut voir dans l’islam : entre le terroriste fanatisé et le petit paysan qui crains de tuer un animal sans nécessité) ce qui me fait finalement dire que l’idéologie dominante d’une religion ne proviens pas des textes saints mais seulement de leur dirigeants de culte.

Une seule, ou un petit groupe de personne qui dirige une telle autre masse de monde, me fait plus penser à une dictature idéologique qu’autre chose.

C’est comme ça qu’on obtient une progression vertigineuse du Sida en Afrique, suite à la phobie du latex d’un petit groupuscule d’ecclésiastiques. 

 
La morale est dans ce sens extrêmement dangereuse.
 
 

Pourtant, l’homme peut il vivre sans morale ? Probablement pas. Les personnes n’ayant pas été élevées avec un minimum de bases idéologiques finissent souvent par n’avoir aucun repère, ce qui induit une forte instabilité…

 

C’est pourquoi l’idée d’une nouvelle morale, « post-chrétienne » comme le dit si bien Michel Onfray dans son Traité d’athéologie (malheureusement, c’est bien la seule chose qu’il arrive à dire dans ce livre ...), n’est pas sans intérêt.

 

La morale actuelle est plus un frein qu’autre chose, je pense notamment (quitte à passer comme parfaitement immoral) a des avancées scientifiques et sociales qui sont bloquées par elle. Comme l’utérus artificiel, l’église hurle car sa conception de la procréation repose sur l’idée que Dieu a fait l’homme et la femme dans ce but, or premièrement quand on vois que l’on peut faire de la fécondation in vitro, que l’on peut faire vivre des enfants précoce dans des couveuses, je me dit qu’on a déjà artificialisé le début et la fin de la reproduction, artificialiser ce qui relis les deux n’est donc pas si inconcevable. Après il faut évidemment ce méfier d’une telle technique, afin de ne pas tomber dans l’horreur décrite dans Le Meilleurs des monde d’Aldous Huxley. Mais je crois qu’une telle technique permettrait enfin d’accéder à cette égalité homme/femme depuis si longtemps désirée. Ne plus voir la femme comme une photocopieuse géante serrait vraiment enviable.

 

Après, tant qu’à rester dans la procréation, je vais parler d’un autre sujet sensible : le clonage. Alors que là, je pence qu’un clonage de reproduction serait une erreur, ce n’est toujours pas pour des raisons de (soit disante) morale, mais plutôt concernant l’inconnue concernant la réaction de celui qui est créé de cette manière, quel effet cela doit faire de se savoir le double d’un autre ? (Même si cette doublure reste au niveau de l’ADN, et n’aura jamais l’age du sujet reproduit, contrairement aux clichés habituels véhiculé). Quels risques psychiques cela induit-il ? Et à grande échelle, ne risque-t-on pas d’entraver l’évolution ? Trop d’inconnues à faire face pour pouvoir l’expérimenter de manière responsable.

Pour autant le clonage thérapeutique est à mon sens largement nécessaire. Pouvons nous continuer à refuser de sauver des vies à cause d’une idéologie, qui par ailleurs a déjà fait suffisamment de victimes ?

 

Sans parler du fait que beaucoup de jeunes n’arrivent plus à se situer dans une société qui à la fois a démontré la matérialité du monde et l’absence d’un Dieu alors qu’au niveau de l’idéal (dont la morale fait partie) est restée à une vision terriblement réductrice. Car actuellement, et c’est sûrement pourquoi nous assistons actuellement à un regain de volonté religieuse, il n’y a pas d’idéologie qui se soit imposée dans la mémoire populaire comme alternative. Je ne compte plus les blogs qui posent sans cesse ces mêmes questions : « Pourquoi suis-je là ? A quoi je sers ? Pourquoi vivre ? etc. ». Même si j’ai l’impression que c’est devenu une sorte de mode, je pence que c’est en parti lié au fait qu’avant ces questions avaient une réponse : (débile, mais c’est toujours mieux que rien…) Nous somme sur terre car Dieu nous a créé, je sert Dieu dont les voies sont impénétrable, si je décide de mettre fin à mes jours je ne pourrai pas aller au paradis, etc…

Maintenant, il existe un véritable manque idéologique qui nous faudra bien un jour combler.

 
Vers une conception d’une nouvelle morale ?

Oui. Mais à la place de conception, je pence que je préfère le terme de redécouverte. En effet, je pence que la matière qui pourrait définir cette morale post-chrétienne existe déjà, et est déjà entre nos mains. Pour les raisons citées plus haut, il nous faut fuir une morale engendrée par des histoires et des mythes. Pour moi, la solution réside tout simplement dans une morale qui fait la part belle à l’entendement, à la logique, à la science, bref : à la connaissance. Je ne dis pas qu’on doit laisser la science faire ce qu’elle veut (car on tombe dans un autre extrême), mais qu’on doit faire plus confiance à la lucidité humaine qu’aux chimères qu’il s’est inventé.

 

Une morale enfin basée sur la philosophie, la philanthropie, la logique, le savoir et la lucidité. Ne plus faire de choix en fonction de convictions religieuses, politiques, (archaïques) mais seulement (et uniquement) en considérant les effets que cela engendra sur le genre humain.

 

Une telle morale n’apportera pas de réponse pour les questions existentielles citées plus haut, car elles sont sans doutes à jamais insolubles. Mais je pence que prendre nos peurs et ennuis de front (la mort, le temps qui passe, la peur de l’inconnue, du changement ...), sera bien plus profitable qu’en continuant de nous voiler la face.

Publié dans Alternatives

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Dross 17/04/2006 17:39

Très juste, j'aurai mieux dus l'intituler comme cela. Pour autant, les religions que tu cite se présentent plus comme des philosophies que comme une religion comme on l'entend ici : à savoir un être supprème et inattaquable, et un bouquin qui est sencé tout savoir (en gros qui donne les pleins pouvoirs à celui qui s'en dit représentant).


Mon but ici était surtout de montrer les traces des religions qu'on continue de garder dans notre vie moderne, et les problèmes qui (peuvent) en découler...

Janus 16/04/2006 11:42

Première chose: "Les religions, entités obscurantistes ultimes". Bon je pense que même si tu voulais dire quelque chose du genre tu ne voulais pas tomber dans l'anticléricalisme primaire. Je respecte la liberté de culte et donc de ce fait je ne blame pas la religion de tous les mots. Bien que la morale de CERTAINES religions soit , je le pense aussi, dépassé, il ne faut pas le réduire à un ensemble (au risque de faire de la généralisation). tu dit toi meme que "l’idéologie dominante d’une religion ne proviens pas des textes saints mais seulement de leur dirigeants de culte." je suis d'accord et je te citerais en exemple la position du Dalai-Lama, qui à propos du Sida et de sa prévention dit la chose suivante: comme ce probleme n'est pas citer dans les textes fondateurs boudhiste alors il n'est ni pour ni contre. par ce moyen il laisse le choix aux croyants de faire ce qu'ils jugent utile. de la meme façon, un pays tel que le Japon qui est un pays loin d'être laique car il existe une religion d'état (Shintoisme pratiqué par 106 millions d'habitants sur un pays qui compte 130 millionsd'habitants), et pourtant ce pays est bien loin d'être freiné par la morale délivré par celle-ci. en conclusion je pense que tu aurais du intituler cet article: "la morale (fourrée religion judéo-chretienne)". cela correspondrait plus a son contenu (enfin je pense...)

Dross 02/04/2006 16:44

le clonage thérapeutique utilise des "double d'organes" issues des techniques de clonage, mais fabriqués en "séparés".

Donc pas de clonage reproductif à des fins thérapeutiques, bien entendu ;)

Dremeker 02/04/2006 14:21

Bon article... ceci dit je ne te suis pas toujours (dsl jsuis en DUT...)
Quand tu parle de clonage thérapeutique de quoi veut tu parler réellement? Cloner des organes ou nous concevoir un clone sur lequel on prendrai des "pièces de rechange"... par ce que dans le deuxieme cas on partirai tout droit vers un gros problème qu'est celui du choix de qui doit vivre et qui doit mourrir (tu est mon clone donc c'est toi qui crève et moi qui vivrai grace à tes organes...) un peu à la THE ISLAND...

DMK