Qu’est ce qu’un écrivain ?

Publié le par Dross

Une question qui pourra surprendre que je la pose ici, sur mon blog, où je ne parle (pratiquement) jamais de littérature.

Loin des clichés du démiurge alcoolique, ou proscrit dans sa chambre à allonger les lignes sur le papier, l’écrivain m’apparaît avant tout comme quelqu’un qui vit et qui ressent. Je ne vois cette personne que sous la forme d’un être qui, de par une certaine sensibilité, arrive à extraire certaines images de la réalité, de son vécu.

Pour moi, un écrivain est avant tout un mineur de réalité. Qui n’a pas seulement les mains salis par l’encre, mais aussi de ses expériences. Qui connais la texture des murs, le son agressif des machines, l’odeur âcre de la foret humide. N’atteignant pas forcément les extrêmes, dans un mouvement presque masochiste, de vouloir se débattre contre le réel, mais au moins être de plein pied dans une réalité qu’il assume et qu’il observe.

Cette simple idée de vécu m’apparaît le liant même de cette capacité à créer. L’écrivain reclus dans un univers hermétique peut-il écrire ? J’en doute. Les bons écrivains ne le sont pas devenu en restant devant leurs feuilles blanches, mais en s’ouvrant au réel.

Un exécrable cliché demeure encore de nos jours assez vif, celui que l’inspiration viendrai de l’alcool, ou tout autre procédé chimique.
Pourtant, il est possible de capter une impression, pendant une fraction de seconde, de la ressentir, comme extraite de son contexte, non pas divine et gracieuse - comme le voudrai nous faire croire les mauvais écrivains, qui jouent plus sur l’exotisme et la volupté que sur le ressentis – mais imparfaite, parfois sale, qui laisse toujours une empreinte sur vous. Cela, tout le monde en est capable et l’a déjà ressentis.
L’écrivain n’est, je pense, qu’une personne qui fait attentions à ces instant, et qui, après les retraduit, avec sa plume, ses règles et son style.

Mais le fantastique ? L’expérience surréaliste ? L’écriture mécanique ?
Il est vrai qu’on pourrait faire une distinction entre ceux qui écrivent des romans, des histoires, et ceux qui écrivent pour retranscrire leurs sentiments. Pourtant il est rare de rencontrer l’un qui ne fasse pas l’autre, et inversement. Pire, une histoire sans aucun ressentis de l’auteur peut-il être autre que médiocre ?
Pour les Surréalistes et leur écriture mécanique, on pourrait y trouver un contre-exemple à toute cette réflexion. Pourtant ces mêmes personnes se gorgeaient tellement de réel et d’imaginaire qu’il est difficile de voir autre chose dans les résultats de l’écriture mécanique que du ressentis à l’état pur. Nettement plus abstrait, contre académique, mais infiniment plus jouissif.

Bien entendu, par écrivain je n’entend pas ici celui qui écrit des biographies, des écrits historiques, où plus généralement à tendance didactique. Car alors il s’apparente plus à un technicien des lettres qu’à ce qu’on peut appeler un écrivain (dans le sens que j’approche ici). 

Dans un Monde où la lecture est omniprésente mais rarement de qualité (on lis quotidiennement, sur le net, les journaux, les magasines, mais rarement d’œuvre littéraires), dans une France où l’intellectuel est souvent sujet de raillerie
(cf. Arte et France 5), on peut se demander qu’elle est la définition de l’écrivain chez nos contemporains.

Publié dans Alternatives

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Christian Caminade 24/06/2008 19:45

Qu'est-ce qu'un écrivain ?Tu aurais dû traiter légèrement à part l'écrivain d'aujourd'hui.La réponse venait toute seule : un écrivain d'aujourd'hui est quelqu'un qui essaie de vivre de sa plume.Comme un intellectuel est quelqu'un qui essaie de vivre de ses idées, même quand il n'en a pas ou en change tous les ans pour pouvoir écrire un nouveau gagne-pain, par exemple, Emmanuel Todd qui n'hésite pas dire en public : quand je relis mes anciens livres, je m'aperçois que j'ai raconté beaucoup de conneries. -- Et de ce dernier, que direz-vous dans quelques années ?-- Sans doute la même chose.Depuis, on ne m'invite plus à ce genre de conférences...

Janus 03/01/2007 12:33

Comme d'habitude j'adhere, le seul probleme est écrire pour faire du fric (sacro sainte société de consommation...), aujourd'hui la moindre librairie est "tartiné" d'essai, de roman dont le propos ne vaudra plus rien dans 10 ans....Mais bon j'aime les biographie et je suis d'accord avec toi sur le fait qu'on ne puisse pas parler de littérature toutefois on ne peut pas parler de technicité des mots car il ne joue pas avec il s'en sert pour raconteret je n'aime pas plus que toi la raillerie dont est victime l'intellect...