Reconsidération de la politique

Publié le par Dross

Maintenant que le joyeux battage médiatique concernant les élections est terminé, et que seuls quelques foyers incandescents continuent d’émettre de l’audience, je poserai à nouveau quelques remarques sur la politique actuelle.

Ces quelques mois m’auront en fait surtout confirmé le scandaleux retard politique de notre pays, qui est d’un conservatisme affligeant. Je me souvient de ces images (sélectionnées bien entendu) d’après le premier tour, où monsieur allant chercher sa baguette et son journal glissait à la caméra "je suis content : deuxième tour en droite-gauche, tout reviens comme avant".
Oui, comme tout le monde le sait, "c’était mieux avant". Enfin passons.

Dans mon esprit, le fonctionnement sain d’une démocratie se définirait par une présentation d’une certaine idée sur laquelle un groupe de personne viendrai s’y regrouper, puis depuis cette idée travailleraient sur un programme, c'est-à-dire une mise en forme en points concrets et applicables de l’idéologie de base.
Et enfin postuleraient pour la campagne présidentielle, qui ne servirait que de vitrine au travail accomplis auparavant.

De cette manière, n’importe quel groupe d’intellectuels (oui, l’idée même de former des politiciens me reste absurde) pourrait proposer des bilans, des idées, des évolutions, en bref un véritable programme politique.
Et non pas un programme démagogique.

Quand on voit le fossé entre cette théorie et l’image fumeuse que nous retransmet la politique d’elle même, on ne peut que rester sidéré.

Et vous remarquerez que dans cette idée que j’expose, l’idée même de droite-gauche n’à plus de sens. L’idée de clivage politique a fait son temps, cette conception manichéenne est un désastre politique et intellectuel.

En effet, dans cette conception de la politique, il n’existe que deux manières de concevoir le monde, deux boites dans laquelle chacun se range. Le problème de ces deux boites c’est que cela implique un fonctionnement tronqué de l’élaboration d’un programme : à savoir qu’on se regroupe avant l’idée.

Et comme chaque organisateur le sait pertinemment, regrouper des personnes sur des idées communes est bien plus facile que de trouver une idée commune à un groupe de personnes.

De ce fait on obtiens des groupes dominants qui arrivent en campagne présidentielle sans même avoir de programme politique. Parfois même ils poussent la démagogie jusqu’à le créer au fur et a mesure des sondages et des attentes des électeurs. Voir parfois ils promettrent de le faire qu’après ( !).
Ce qui ne peut apporter rien de bon, au niveau politique, dans la suite.

Droite et Gauche sont d’ailleurs tout deux concernées par cette critique. Il suffit d’observer l’hystérie qui les anime avant les élections (pour trouver un programme) pour s’en convaincre.

De plus, pour que le système garde un semblant de légitimité, les deux camps rabâchent sans cesse que "droite et gauche, c’est pas la même chose". Idée profondément malhonnête quand on sait que beaucoup d’entre eux sortent des mêmes écoles, où même que certaines politiciens prit comme symboles ont souvent eu des relations particulières avec ‘’l’autre camps’’ tel Mitterrand et ses relations restées troubles envers le régime de Vichy, ou encore De Gaulle qui, malgré des idées conservatrices avait des aspects dit de gauche.

Droit et Gauche resteront la même chose dans le sens où ils s’accaparent les élites formatées dès leurs sorties d’écoles, ne leurs permettant pas de créer de nouvelles tendances politiques. Car dans le système actuel, créer un parti est pratiquement impossible, du fait de l’hégémonie de l’idée sectaire de la politique qui règne en France, et donc d’avoir un fonctionnement tel qu’exposé plus haut.

Néanmoins la relative montée de cette idée de changement chez certains, symbolisé par Bayrou durant cette année, est intéressante mais il reste encore beaucoup de chemin à faire. Il faut aller au-delà de l’idée simpliste d’une "troisième voie", car cela laisserait supposer que les deux autres sont légitimes. Ce que je réfute définitivement.

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Janus 29/06/2007 21:10

Je dois avouer que j'étais réceptif a l'idée de Bayrou lors de l'élection présidentielle mais que aujourd'hui je trouve que ses interventions sont peu constructives notamment lors de l'adoption inextrémiste de la proposition de traité simplifié qui semble aujourd'hui décoincé le processus de rénovation européen.A cette occasion, il était mécontent de l'abandon de la charte des droits fondamentaux, rappelons que si celle-ci avait été maintenu le Royaume-Uni aurait posé son veto et donc on se serait a nouveau retouvé dans l'impasse. On va encore dire que les anglais arrive toujours a leur fin une explication s'impose donc : la charte des droits fondamentaux si elle avait été adopté aurait rendu le droit du travail britannique caduque, donc de la même manière que nous français nous n'apprécions parfois guère  les intervention de l'Europe dans notre politique intérieure , il en est de même pour les britanniques. Par ailleurs et à mon grand regret, le Modem fait pale figure avec une représentation à l'assemblé nationale qui rend son pouvoir très très limité... Je trouve d'autre part que l'attitude de Sarkozy et l'ouverture de son gouvernement (la présidence de l'une des commissions les plus importantes de l'assemblée est confiée à un PS) est une bonne chose et pour l'instant je me garde de toute critique et j'attend les réformes, en espérant que Bayrou ne sombrera pas, lui aussi, dans une critique non constructive de l'action du gouvernement, car se détacher de la droite est une chose mais il faut faire attention à ne pas faire l'inverse...