Arts

Jeudi 17 mars 2005
Aujourd'hui ce journal s'attaque a ce terrible fléau "créateur d'insécurité" comme il le dise qu'est le tag-graff-graffiti... Ils expliquent (par un choix de vocabulaire s'appartenant a un article sur le procès d'outraux) que l'on attaques directement les personnes en rendant les murs sales le gris de l'urbanisation bâclé en fresques coloré...

bah merde alors.. moi qui croyais que c'était juste de la peinture .... Je ne savais pas que les couleurs avaient un tel pouvoir....

Aussi... pour faire ce que le journal n'a pas fait, je vais cité des paroles de graffeurs, qui expriment le but du graff.


"Le but du graffiti c'est aussi de choqué les gens, les pousser à avoir une réation, qu'elle soit négative ou admirative, cela n'a pas d'importance. Le but du jeu c'est de créer une polémique" Keag (RAW-D77)

"On ne demande même pas d'être payés, on demande juste un mur a peindre. Soit les gens préfèrent rester enfermés derrière des barreaux à regarder un monde gris, soit ils s'ouvrent" Wire (VMD)


"Que les gens arrêtent de dire que les graffitis c'est crade, alors qu'ils voient à longueur de journée des pubs dégueulasses pour des produits dégueulasses. Les gens, si tu leur mets un panneau Coca Cola qui clignote devant chez eux, ils iront acheter du Coca ; si tu leur fais un graff, ils vont appeler le 17" Dize (VDM)


"Bcp d'artistes qui disent aimer l'art détestent le graffiti parce qu'ils ont peur qu'on leur enlève le pain de la bouche. Ce qui me fait le plus rire, c'est qu'a l'époque, il y a 30-40 ans, lorsqu'ils commençaient leurs études, ils éprouvaient le même besoin de s'affirmer face à la génération précédente. C'est pour ca qu'on ne doit pas leur demander leur avis. Si ca leur plaît, tant mieux, si ca ne leur plaît pas, qu'ils aillent se faire encu***" Woody (CIA-LT27)
Par Dross
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Vendredi 8 avril 2005


Oui, le sjt date un peu...  Mais justement, c'est peu etre une sorte de rappel, une sorte "d'hommage", pour montré qu'il n'y a pas que le pape (avec un petit "p") qui ai fait des actions... Et qui soit mort en se battant pour ce qu'il pensai...

Article tiré de l'Express... bravo a son auteur... pour sa lucidité.

Mickael, 19 ans, est mort noye dans la Marne, ou il avait saute pour echapper a la police. Il voulait faire un graff sur le bord de d'A4.
Le graff, vous savez, cette forme de creation typographique tres contemporaine, tres coloree... Mais si : on le voit reproduit sur les tee-shirts Agnes b, dans les gazettes branchees, meme sur les boites d'allumettes, pour ! On le voit dans la galerie d'art, des revues entieres lui sont consacres, des boutiques specialisees vendent le materiel pour en realiser... A-t-on jamais autant fait la promotion d'un delit?
Ernest Pignon-Ernest, c'est de l'art. Basquiat, c'est de l'art. La mosaique merdique sur le mur du college, c'est de l'art? Les trois bouts de ferraille torsades au milieu du rond-point, c'est de l'art (subventionne par l'argent de la decentralisation). Le graff, c'est un delit. Un delit puni d'une amend pouvant atteindre 75 000 euros et de cinq ans de prison. De quoi foutre a la baille...
Depuis quelques mois, la repression s'intensifie. C'est que cette delinquance est visible, elle est meme faite pour etre vue, c'est dans sa nature. Pas de chance. De plus, ses auteurs sont non violents, faciles a attraper. Un tagueur, ca court moins vite qu'un dealer, ca ne frappe pas comme un braqueur. Ce n'est plus de la chasse aux delinquants, c'est du braconnage. Un vrai reve de flic. Pourtant, peindre certains murs, ce n'est pas le degrader, mais plutot les faire monter en grade...
A Rome, sur une des lignes de metro, circulent des trains entierement graffes, en couleur. Il faut dire que dans ce coin-la, on n'a jamais eu peur de la peinture... Ici le graffiti est vecu comme un symbole d'insecurite. Le signe tangible du passage d'un sur notre territoire. (C'est le cas des tags, signatures vite posees, sans couleurs, faites plus pour que pour embellir). Ne pourrait-on pas voir dans le graff - creation elaboree, avec ses techniques et ses styles, une tentative positive d'appropriation de l'espace urbain.
Qui faut-il poursuivre et regarder se noyer dans la Marne ? Ceux-qui, maladroitement, illegalement c'est vrai, veulent poser de la couleur sur les murs, ou les urbanistes, promoteurs et architectes qui nous ont pondu des barres de 4 000 logements en rase campagne, des entrees de ville qui font mal aux yeux de laideur?
Que salit-on en peignant un mur antibruit au bord de l'autoroute? Faut-il que la peur sociale soit installee pour que l'on voie dans un signe en couleurs un danger! Effacez les graffs, dessous vous ne trouverez que le beton crasseux, des intertices urbains pisseux. Pour les banlieues, vous reviez d'un plan Marshall; pour l'instant, contentez-vous d'un plan Karcher.


L'Express du 26/04/2004
Mourir pour une image
par Joseph Maggiori

Par Dross
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Dimanche 12 juin 2005


Bon bah la, je fait d'une pierre deux coups : un tableau de Claude MOREAU un artiste peintre que j'ai rencontré et que j'admire (surréaliste, bien sur), et un extrait d' A.BRETON, écrivain, créateur du mvt Surréaliste....
Pour l'extrait (de "L'amour fou"), c'est normal si ça vous semble bizarre.... C'est voulu...


"Le propre de ces personnages est de m’apparaître vêtus de noir, sans doute sont-ils en habits ; leurs visages m’échappent : je les crois sept ou neuf, et, assis l’un près de l’autre sur un banc, de dialoguer entre eux la tête parfaitement droite. C’est toujours ainsi que j’aurais voulu les porter a la scène, au début d’une pièce, leur rôle étant de dévoiler cyniquement les mobiles de l’action. A la tombée du jour et souvent beaucoup plus tard, comme ils se soumettraient à un rite, je les retrouve errant sans mot dire au bord de la mer, à la file indienne, contournant légèrement les vagues. De leurs part, ce silence ne me prive guère, leurs propos de banc m’ayant, à vrai dire, paru toujours singulièrement décousus" A.BRETON

Là un extrait de "NADJA" ... Normalement vous en avez déja entendu parlé(au moin)... ;)

"Le pond traversé, nous nous dirigeons vers le Louvre. Nadja ne cesse d'être distraite. Pour la ramener à moi, je lui dis un poème de Baudelaire, mais les inflexions de ma voix lui causent une nouvelle frayeur, aggravée du souvenir qu'elle garde du baisé de tout à l'heure : « un baiser dans lequel il y a une menace ». Elle s'arrête encore, s'accoude à la rampe de pierre d'où son regard et le mien plongent dans le fleuve à cette heure étincelant de lumières : « cette main, cette main sur la Seine, pourquoi cette main qui flambe sur l'eau ? C'est vrai que le feu et l'eau sont la même chose. Mais que veut dire cette main ? Comment l'interprète-tu ? Laisse moi donc voir cette main. Pourquoi veux-tu que nous nous en allions ? Que crains-tu ? Tu me crois très malade, n'est ce pas ? Je ne suis pas malade. Mais qu'est-ce que cela veut dire pour toi : le feu sur l'eau, une main de feu sur l'eau ? (Plaisantant :) Bien sur ce n'est pas la fortune : le feu et l'eau, c'est la même chose ; le feu et l'or c'est tout différent. »" A.BRETON

Par Dross
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Dimanche 12 juin 2005


Voici quelques extraits des écrits du "Grand Jeu", mouvement artistique et contestateur de l'après 14-18 ...
Ici ils y parlent des drogues... loin de moi l'idée de faire l'apologie de ces choses, je vous laisse réfléchir sur ce texte, qui est encore largement d'actualité....
Et qui parle de choses qui sont, aujourd'hui, pratiquement censuré, au vus de leurs inexistences médiatiques.... 



" Prenez garde, car vous avez la maladie
Dont je suis mort. "
M. ROLLINAT.


Ce qui différencie le mieux l'homme de l'animal c'est la pipe.
Qu'on m'excuse, quant au dernier terme de cet aphorisme, de sacrifier au besoin de manger, de "faire concret" selon le goût du jour, si j'ajoute cette explication simple et lucide : selon une image de rhétorique bien connue, donnant le contenant pour le contenu, par pipe j'entends tous les produits qui servent, plus ou moins, à provoquer artificiellement la rêverie. Voici encore une vérité banale et très claire à laquelle on ne pense jamais, c'est à savoir que tous les hommes de tous les temps historiques ou préhistoriques, quels que soient leur morale, leur religion ou leur degré de civilisation, ont toujours usé de ces produits que la pharmacologie nomme toxiques.
Il est assez compréhensible et logique que toutes les drogues, destinées qu'elles sont à provoquer plus ou moins vite et plus ou moins longtemps cet accident de conscience que j'ai vaguement classé parmi les refus d'agir mais indubitablement rangé dans mon royaume la Mort-dans-la-vie, soient par contrecoup nuisibles aux instruments de l'action, c'est-à-dire aux organes du corps humain.

Tous les hommes de tous les pays continuent à provoquer artificiellement en eux l'état de mort-dans-la-vie par le moyen de leur choix.

Il convient d'ailleurs de remarquer que grâce à la démagogie de nos foutues démocraties et au soin de leurs intérêts, les toxiques les plus employés ont été rarement prohibés. Le tabac ne le fut jamais nulle part, l'alcool presque jamais, enfin la consommation de l'opium est recommandée dans l'Inde et en Indochine. La partialité de ces prohibitions n'a jamais été déterminée par le caractère plus ou moins nocif des drogues comme surtout les deux premiers exemples devraient le prouver si le jugement du lecteur n'était complètement faussé par les racontars de la presse à propos des stupéfiants défendus, boucs émissaires des hygiénistes et de leurs serviettes.

Ne pourront jamais comprendre: tous mes ennemis, les gens d'humeur égale et de sens rassis, les Français moyens, les ronds-de-cuir de l'intelligence, tous ceux dont l'esprit, instrument primitif et grossier mais incassable, est toujours prêt à s'appliquer à ses usages journaliers, sans jamais connaître ni la nuit solide de l'abrutissement pétrifié ni l'agilité miraculeuse de l'éclair à tuer Dieu. Ils ne se doutent pas que, par opposition aux poissons à bouche ronde que l'on nomme cyclostomes, les psychiatres ont baptisé du vocable de " cyclothymiques " un certain nombre de " malades " dont la vie s'écoule ainsi en alternances infernales et régulières d'états hypo et d'états hyper, d'enthousiasmes et de dépressions spirituels. Bien souvent ceux qui connaissent la lancinante douleur de ces dépressions lui préfèrent le suicide.

Plus incompréhensible encore leur sera l'état de l'homme qui souffre de la conscience effroyablement claire. Il s'agit de la douleur peu commune aux mortels de se trouver soudain trop " intelligents ". Il est bien vain de tenter de faire neitre dans un esprit qui ne l'a pas expérimentée, l'approximation de cet état qui selon un déterminisme inconnu, en un instant soudain, plonge un être dans l'horreur froide et tenace du voile déchiré des antiques mystères. C'est devant la disponibilité la plus absolue de la conscience, le rappel brusque de l'inutilité de l'acte en cours, devenu symbole de tout Acte, devant le scandale d'être et d'être limité sans connaissance de soi-même. Essence de l'angoisse en soi qui fait les fous, qui fait les morts.

Roger Gilbert-Lecomte

Bise a Charlotte pour m'avoir parlé de ce mouvement ;) et comme elle l'avais deviné, il est vrai qu'il me plais aussi ;) lol


Par Dross
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