CPE : on recommence.
Suite à mon ancien article, à quelques commentaires, et à quelques recherches personnelles, je réécris un article sur ce fameux CPE…
Dans ce premier article j’avais montré les faiblesses des arguments de la gauche réactionnaire qui joue plus sur la peur que sur des arguments véritablement fondés. Certains en ont déduit que j’étais partisan UMP et que j’approuvais à 100% le CPE.
Premièrement car je le trouve pas assez ambitieux (là j’ai tout les anti-cpe qui resserrent leurs dents : « que va-t-il bien pouvoir proposer ? » ;) ). Nous parlons du problème du chômage, qui dure depuis des dizaines d’années, c’est un problème politique et économique important, surtout dans le monde d’échange globalisé actuel. Et face à un des plus gros problème de ce début de siècle, notre gouvernement nous sort du chapeau un nouveau contrat d’embauche, qui vient se placer au dessus d’une pile d’autres contrats déjà existant. En s’investissant si peu, on ne peut même pas parler de réforme : c’est du foutage de gueule.
Cela rejoint plus ou moins les dires des socialistes : « ça n’aura aucune influence sur le chômage » (même si, comme tout bon rancunier, ils ont été trop extrême dans cette observation).
Faire une loi dans son coin, pour ensuite recourir à des méthodes discutables pour la faire passer, me dégoûte autant que les autres. Après il y a peut être le fait (comme disent certains) que le dialogue en France est impossible (quand on vois certains Français on pourrait se dire que c’est vrai) mais je ne pense pas que c’est de cette manière qu’on va améliorer les choses…
Je suis pour le dialogue, surtout dans un pays où les politiques ne connaissent pas le terrain, et donc sont strictement incompétent à agir efficacement (et ceci est valable autant pour la droite que pour la gauche).
Après, concernant la précarité que ce texte est sensé amener me laisse toujours sceptique. En effet, les droits existent pour les travailleurs (je crois même que ça s’appelle acquis sociaux), et ne seront pas effacé par ce contrat. Quand à la période d’essais (qui, je crois, est sur le point d’être réduite à 1 ans) je la trouve un peu longue, mais elle est sensée permettre plus de flexibilité, ou faire en sorte que les employeurs soit moins frileux à l’embauche des jeunes ; tout ce que je demande c’est qu’on essaye, pour voir si c’est effectivement le cas (je suis pas omniscient, et je refuse de croire que vous le soyez).
Le risque de voir un CPE qui mène au même problème que les périodes de Stages actuel (utilisation abusive des jeunes en les sous-payant) est préoccupant, bien qu’il y ai quelques objections possible : les entreprises n’ont pas trop d’intérêt à renouveler régulièrement leurs employés.
Ils auraient peut être dus mieux travailler cette pseudo réforme sur le chômage, plutôt que de juste faire un contrat comprenant trop d’inconnues pour une population terrorisée par l’avenir.
Prendre le problème à la racine aurait d’ailleurs été bien plus utile que de le prendre à la fin. En effet je pence que l’éducation joue un rôle assez important dans cette histoire. Quand je regarde mon lycée, il y a des classes de BEP jusqu'à la prépa scientifique, en passant par les filières scientifiques et technologiques… Et tous n’ont pas grand-chose à craindre de l’avenir : nos BEP sont embauché avant même la fin de leur formation, les techniques irons en DUT ou BTS qui sont aussi des filières qui mènent à quelque chose, etc.
Bref, je crois que ceux qui on le plus à craindre de l’avenir sont tout ceux qui vont en fac avec des orientations qui ne mènent à rien, comme fac d’histoire, psycho ou autre (bien que ce ne soit pas les seuls, je pence qu’on peut aisément rajouter des personnes sur cette liste, comme les STAPS). Ce sont d’ailleurs ce genre de facs qui sont le plus en grève, je crois bien, ce qui confirme bien mon propos.
Continuer d’orienter des jeunes vers ce genre de formation est une bêtise grotesque, il faut des psychologues, mais pas des milliers ! Ils ne trouveront que difficilement du travail de ce fait… Et ce n’est pas la faute à l’économie ou je ne sais pas quoi.
Après toutes ces observations, pourquoi suis-je tout de même pour une application du CPE ?
Car -et je met n’importe quel parti politique au défit- il est impossible de savoir comment un projet de loi va se comporter dans le réel. Je pence notamment aux 35h, c’était génial sur le papier : on réduit le nombre d’heures, du coup les entreprises sont obligé d’embaucher plus de gens pour une même efficacité, et la boucle est bouclée.
Ce n’ais pas besoin de disserter pour montrer que ça a été en un sens un fiasco. La seule différence étant qu’on a obligé les employés à faire le même travail qu’ils faisaient en un nombre d’heure plus important, dans le meilleur des cas.
Je suis pour une politique qui sache évoluer, en faisant des erreurs, et en les corrigeant après. Mais en France, on n’a pas encore commencé l’expérimentation que l’on est déjà en guerre civile. C’est vrai qu’avec des socialo-conservateurs ont pouvais s’y attendre.
Mais, et c’est un point qui n’a jamais été pointé : les socialistes refusent ce texte de loi, ils ont leurs raisons (qui sont pour certaines d’entre elles fondées), mais que proposent-ils en alternative ? Pour moi, avant de refuser quelque chose, il faut proposer quelque chose d’autre. Et pour le moment, tout ce qu’ils ont proposé c’est « ne rien faire ».
Oui, ne rien faire, mais jusqu'à quand ? Pourquoi ? Quelles en seront les conséquences ? Il est clair que c’est en ne rien faisant que l’on ne se trompe pas. Mais personnellement, ce n’est pas vraiment cela que j’attends des politiques.
Accepter les erreurs, c’est accepter le changement, du moment qu’elles seront corrigées bien entendu. Si ce gouvernement applique le CPE, et qu’il s’avère qu’effectivement les jeunes se font exploiter, il faudra qu’il revienne dessus pour modifier ce qu’il ne va pas. S’il ne le fait pas, alors oui, faisons pressions (de quelques manières que ce soit) pour que le gouvernement prennent ses responsabilités.