Le retour des films engagés ?
Depuis quelques mois, je suis agréablement surpris de la qualité des films qui sortent, et de leurs tendances engagées. Il n’y a pas si longtemps je regardais les films en me disant, "plus en plus violent", ou "plus en plus cons", ou encore "plus en plus niais".
Bien évidement cela a toujours existé, ces films qui vous prennent aux tripes et, à la fin de la dernière seconde, il vous faut quelques bonnes minutes pour détacher les yeux de l’écrans, profondément impressionné. Je citerai bien entendu pour exemple American History X ou encore le génialissime Requiem For a dream.
Mais ces derniers temps j’ai l’impression (prise de conscience personnelle ou réalité ?) que la tendance est à l’engagement. Ce qui n’est pas pour me déplaire. A début de l’année, The Constant gardener, Lord of War, et quelques autres encore, continuaient sur quelques essais réussis d’il y a quelques années comme Le Jour d’après et Fahrenheit 9-11.
Mais là, en l’espace de quelques mois, j’ai eu le plaisir de découvrir quelques bon films, rarement niais et souvent très percutant.
Quand je suis allé voir Le Vent se lève, un peu un choix par défaut je l’avoues, je ne m’attendais pas à être projeté si violement dans l’histoire d’un conflit (Irlande, 1920) qui m’était parfaitement inconnu et pourtant qui m’apparaissait alors si important, pour la compréhension de quelques faits actuels, et surtout pour la découverte de notre (ma ?) relative méconnaissance de l’entre deux guerres.
De cette période, à la fois hautement créatrice et libératoire pour la pensée et la création (suite et fin de l’expérience Dadaïste, début du Surréalisme, continuité des mouvements précurseurs etc.) et à la fois complètement tourmentée, se relevant difficilement de la boucherie de la Grande Guerre.
Indigène m’a lui aussi beaucoup impressionné. Un film de guerre tout en subtilité, traitant de sujets si propre à tomber dans l’exagération, le cliché et la caricature, mais sans jamais tomber dans le "trop". C’est un peu notre Il Faut sauver le soldat Ryan Français, en version engagé, intelligent.
Pour autant, quand j’ai découvert le profond cocorico qui accompagnait le film, je me suis dit que d’un coté on n’avait pas à être fier. Il nous a fallu 60 ans pour oser filmer et surtout accepter de projeter une critique sur une de nos actions militaires passée. Alors qu’aux USA, pour qu’une critique cinématographique sorte sur un même sujet, ils ne leurs faut qu’une poignée d’années.
Les films traitant du Viêt Nam (env. 1965-1975) sont sortis quelques années plus tard (Voyage Au bout de l’enfer ou Apocalypse Now par exemple) ou encore, pour prendre des exemples plus récent, la guerre en Irak a déjà donné lieu à quelques films, qu’il n’y a nul besoin de rappeler ici.
Pour reprendre sur les films engagés, même le tendancieux Vol 93 a réussis à me convaincre. J’y était allé vraiment à reculons, en me disant que ça risquais d’être un film fait uniquement à la gloire des martyres Américains, j’avais peur qu’il y ai une glorification à outrance des passagers et une vision trop simpliste des terroristes.
Au lieu de cela, on découvre des portraits humains, et surtout ce qu’on dut ressentir les contrôleurs au sol, découvrant que les avions qu’ils supervisaient se transformaient en bombes volantes.
Rien que cette facette des événements du 9-11, donne au film toute sa puissance. On oublis trop souvent les hommes et femmes morts dans ces vols, et toutes ces personnes, regardant sur leurs écrans, impuissant, ces vols détournés qu’ils étaient sensés superviser et quelque part, protéger.
Pour finir, Les Fils des hommes, est une œuvre particulièrement impressionnante. Etant juste sorti, je ne m’étendrais volontairement pas trop sur les spécificités du film (garder aux autres le plaisir de découvrir).
Je dirais juste qu’avec une histoire aux abords simplistes, se laissent deviner suffisamment de particularité de ce monde (à peine âgé de plus de 20 ans du notre) pour réfléchir sur ces nombreux thèmes que sont : les effets de la pollution, le fanatisme, l’acceptation d’une restriction de nos libertés pour plus de sécurité, etc.
Visuellement et auditivement très impressionnant. A voir.
L’apparition de plus en plus régulière de ce genre de films est-elle le renouveau de l’engagement ?
Il n’avait jamais vraiment disparu, soyons objectifs, mais je m’étonne du nombre actuel de films grand public, ayant un souci de réalisme, s’attaquant à des sujets difficiles, laissant de coté le manichéisme et qui fasse passer un message, plus ou moins explicitement.
Bien évidement cela a toujours existé, ces films qui vous prennent aux tripes et, à la fin de la dernière seconde, il vous faut quelques bonnes minutes pour détacher les yeux de l’écrans, profondément impressionné. Je citerai bien entendu pour exemple American History X ou encore le génialissime Requiem For a dream.
Mais ces derniers temps j’ai l’impression (prise de conscience personnelle ou réalité ?) que la tendance est à l’engagement. Ce qui n’est pas pour me déplaire. A début de l’année, The Constant gardener, Lord of War, et quelques autres encore, continuaient sur quelques essais réussis d’il y a quelques années comme Le Jour d’après et Fahrenheit 9-11.
Mais là, en l’espace de quelques mois, j’ai eu le plaisir de découvrir quelques bon films, rarement niais et souvent très percutant.
Quand je suis allé voir Le Vent se lève, un peu un choix par défaut je l’avoues, je ne m’attendais pas à être projeté si violement dans l’histoire d’un conflit (Irlande, 1920) qui m’était parfaitement inconnu et pourtant qui m’apparaissait alors si important, pour la compréhension de quelques faits actuels, et surtout pour la découverte de notre (ma ?) relative méconnaissance de l’entre deux guerres.
De cette période, à la fois hautement créatrice et libératoire pour la pensée et la création (suite et fin de l’expérience Dadaïste, début du Surréalisme, continuité des mouvements précurseurs etc.) et à la fois complètement tourmentée, se relevant difficilement de la boucherie de la Grande Guerre.
Indigène m’a lui aussi beaucoup impressionné. Un film de guerre tout en subtilité, traitant de sujets si propre à tomber dans l’exagération, le cliché et la caricature, mais sans jamais tomber dans le "trop". C’est un peu notre Il Faut sauver le soldat Ryan Français, en version engagé, intelligent.
Pour autant, quand j’ai découvert le profond cocorico qui accompagnait le film, je me suis dit que d’un coté on n’avait pas à être fier. Il nous a fallu 60 ans pour oser filmer et surtout accepter de projeter une critique sur une de nos actions militaires passée. Alors qu’aux USA, pour qu’une critique cinématographique sorte sur un même sujet, ils ne leurs faut qu’une poignée d’années.
Les films traitant du Viêt Nam (env. 1965-1975) sont sortis quelques années plus tard (Voyage Au bout de l’enfer ou Apocalypse Now par exemple) ou encore, pour prendre des exemples plus récent, la guerre en Irak a déjà donné lieu à quelques films, qu’il n’y a nul besoin de rappeler ici.
Pour reprendre sur les films engagés, même le tendancieux Vol 93 a réussis à me convaincre. J’y était allé vraiment à reculons, en me disant que ça risquais d’être un film fait uniquement à la gloire des martyres Américains, j’avais peur qu’il y ai une glorification à outrance des passagers et une vision trop simpliste des terroristes.
Au lieu de cela, on découvre des portraits humains, et surtout ce qu’on dut ressentir les contrôleurs au sol, découvrant que les avions qu’ils supervisaient se transformaient en bombes volantes.
Rien que cette facette des événements du 9-11, donne au film toute sa puissance. On oublis trop souvent les hommes et femmes morts dans ces vols, et toutes ces personnes, regardant sur leurs écrans, impuissant, ces vols détournés qu’ils étaient sensés superviser et quelque part, protéger.
Pour finir, Les Fils des hommes, est une œuvre particulièrement impressionnante. Etant juste sorti, je ne m’étendrais volontairement pas trop sur les spécificités du film (garder aux autres le plaisir de découvrir).
Je dirais juste qu’avec une histoire aux abords simplistes, se laissent deviner suffisamment de particularité de ce monde (à peine âgé de plus de 20 ans du notre) pour réfléchir sur ces nombreux thèmes que sont : les effets de la pollution, le fanatisme, l’acceptation d’une restriction de nos libertés pour plus de sécurité, etc.
Visuellement et auditivement très impressionnant. A voir.
L’apparition de plus en plus régulière de ce genre de films est-elle le renouveau de l’engagement ?
Il n’avait jamais vraiment disparu, soyons objectifs, mais je m’étonne du nombre actuel de films grand public, ayant un souci de réalisme, s’attaquant à des sujets difficiles, laissant de coté le manichéisme et qui fasse passer un message, plus ou moins explicitement.
C’est un genre qui tend à redevenir à la mode, et c’est vraiment une bonne nouvelle.
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